Repères historiques

  • Vers 1474

Naissance de Sainte Angèle Mérici sur les Bords du Lac de Garde à Desenzano en Italie

  • 1535

Fondation de la Compagnie de Sainte-Ursule à Brescia

  • 1540

Mort de Sainte Angèle

  • Vers 1594

Arrivée des premières Ursulines congrégées en France via la règle de Sainte Angèle. Des filles dévotes se regroupent pour enseigner la doctrine chrétienne aux jeunes filles.

  • 1612

Madame de Sainte Beuve fonde le premier monastère d’Ursulines à Paris, pour répondre aux prérogatives du Concile de Trente.

  • Entre 1594 et 1790

Environ 350 monastères sont créés dans l’ère géographique correspondant actuellement à la France et aux villes limitrophes.

  • 1789

Révolution française

  • 1792

Nationalisation des biens du clergé. Malgré les actes de résistance, toutes les Ursulines sont expulsées de leur monastère. Certaines sont guillotinées pendant la période de la Terreur comme à Valenciennes, Orange et Bordeaux.

  • Entre 1795 et 1804

Progressivement, les Ursulines restaurent les communautés. Une poignée de monastères d’origines retrouvent leurs anciennes occupantes comme à Beaugency, Morlaix et Clermont-Ferrand. On dénombre environ 150 Maisons d’Ursulines au début du siècle.

  • 1804

Napoléon réautorise officiellement les Ursulines sous influence de sa mère Letizia, pour relancer l’éducation des filles en France.

  • 1878

Création de l’Union Blois-Rome-Calvi.

  • 1900

Création de l’Union Romaine, approuvée par le Pape en 1903

  • 7 juillet 1904

Loi Combes. L’enseignement congréganiste est interdit en France.

  • 1905

Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

  • Entre 1904 et 1908

Expulsion et dispersion des communautés d’Ursulines. Beaucoup s’exilent à l’étranger (Angleterre, Belgique, Italie), une « résistance » s’organise pour celles qui restent en ville. Seules les sœurs sécularisées peuvent continuer l’œuvre d’éducation.

  • 1914-1918

Première guerre Mondiale

  • Années 1920

Retour progressif des Ursulines en France.

  • 1929

Création de 3 provinces de l’Union Romaine en France : France Ouest, France Sud, France Nord. Les provinces sont réorganisées en 1985 puis 1993. Les provinces de Belgique, d’Espagne et de Grèce sont progressivement intégrées aux provinces françaises.

  • 1939-1945

Seconde guerre mondiale.

  • 3 septembre 1940

Le gouvernement Vichy abroge la loi Combes.

  • 1993

L’Union des Ursulines de Lozère entre dans l’Union Romaine.

  • 2009

Création d’une province unique regroupant les Provinces de France, Belgique et Espagne.

  • 2014

Canonisation de Marie de l’Incarnation Guyart, ursuline de Tours devenue missionnaire et la première supérieure des Ursulines au Canada.

  • 2019

L’USAM (ex-Union de Malet) entre dans l’Union Romaine.

Les congrégations

Point vocabulaire : Les Ursulines distinguent trois sens pour le mot congrégation. C’est d’abord le nom donné à la communauté des filles de Sainte Ursule en France, décliné en « congrégées » qui désignaient leur statut. Ensuite, c’est le nom donné aux différentes branches de la filiation méricienne. Ce sens est également à différencier des congrégations définies par le Droit canon qui désigne un institut de vie consacrée, comme la Compagnie de Jésus (Jésuites) ou les Carmélites. 

Les Ursulines en France ont essaimé depuis plusieurs branches, appelées congrégations, permettant de créer des filiations entre les nombreux monastères créés tout au long du XVIIe siècle. Même si les bases sont identiques, celles d’éduquer la doctrine chrétienne aux jeunes filles en suivant la Règle de Sainte Angèle, les congrégations diffèrent entre elles.

Les congrégations d’ancien régime sont au nombre de huit : la Congrégation de Paris, Lyon, Bordeaux, Arles, Tulles, Avignon (Les Royales), Toulouse, Dijon. Enfin, la congrégation de Dôle (Compagnie de Sainte Ursule d’Anne de Xaintonge) a essaimé dans la même période mais a développé un charisme différent, reconnaissant Anne de Xaintonge comme leur fondatrice et a résisté à la clôture.

Au XIXe siècle, après la Révolution de nouvelles congrégations apparaissent : la congrégation de Malet et de Lozère, qui ont rejoint l’Union Romaine au XXIe siècle, et d’autres congrégations non purement mériciennes mais portant le nom d’Ursulines.

La création de l’Union Romaine

L’Union romaine des Ursulines est née de la volonté d’unir les monastères, alors autonomes, entre eux, selon les préceptes de Sainte Angèle qui a écrit dans son dernier avis : « Soyez unies ensemble d’un seul cœur et d’une seule volonté ».

Dès le XVIIe siècle, le souhait de voir l’unification des Maisons d’Ursulines est exhorté par quelques insignes Ursulines dont Antoinette Micolon et Marie de l’Incarnation. Les monastères étaient alors autonomes et se réclamaient d’une des congrégations d’ursulines, avec chacune leurs spécificités.

La postulatrice de la cause de canonisation d’Angèle, Mère Marie-Louise de Saint-Joseph Schiantarelli, au XVIIIe siècle, encourage les monastères à s’unir pour la canonisation et favorise les communications entre les couvents. A partir du siècle suivant, les échanges deviennent fréquents entre les Filles de Sainte Angèle.

 

Le couvent de Blois, poussé par l’Abbé Richaudeau et les Mères Marie de Saint-Julien Aubry et Mère Sainte Aurélie Gaudichau, joue un rôle primordial dans la création de la future union romaine.

Le couvent de Blois, alors florissant, répond en 1891 à un appel à l’aide du couvent de Rome, en très mauvaise posture depuis l’interdiction de former des novices et donc de recruter suite à l’unification de l’Italie. En 1892, une bénédiction est accordée pour unir les deux couvents. Dans le même temps, les Mères de Blois répondent également à l’appel à l’aide du couvent de Calvi del Umbria, issu de Rome, ce qui conduisit à l’union des trois monastères en 1898.

Le souhait de voir se former une union générale de toutes les Ursulines est émi peu de temps après. Mère Marie de Saint-Julien envoie alors un appel à l’union dans le monde entier. Les réponses immédiates sont très différentes, pour plusieurs raisons, mais beaucoup de monastères s’enthousiasment de cette initiative. Le 15 novembre 1900, une première réunion est lancée à Rome, mettant en place les constitutions et officialise le nouvel habit religieux. De 62 communautés en 1900, elles sont 107 en 1905. Malgré les lois anticléricales du début du siècle poussant les Ursulines françaises à l’exil, puis la Première guerre mondiale, de nombreux couvents continuent de rejoindre l’Union Romaine qui crée de nouvelles provinces et unifie l’Institut.

Le siècle suivant a connu d’énormes évolutions et de grandes réformes du monde catholique, auxquelles l’Union Romaine a su s’adapter et s’appuyer pour mener les Ursulines dans le XXIe siècle.